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La Psychosynthèse

"Chaque créature, chaque être isolé se sent incomplet, insuffisant, insatisfait; il n’a pas de paix, il cherche quelque chose sans savoir ce que c’est… Cet élan qui porte à se compléter, à s’unir, à se fondre avec quelque chose, avec quelqu’un différent de soi, c’est justement l’essence même de l’amour. Une telle union, une telle fusion est créative et productive, elle donne origine à quelque chose d’autre." (Roberto Assagioli).

Définition (Noëlle JACQUEMIN)

La psychosynthèse est une thérapie transpersonnelle.

Créée par Assagioli psychiatre italien qui fût dans un premier temps proche de Freud dont il s’est séparé, pour se rapprocher de Jung dont il reprendra la théorie de l’individuation et celle du Soi comme étant identique à l’image de Dieu dans l’âme.

Assagioli a remarqué que lorsque les éléments de notre psychisme ne sont pas connectés entre eux ceux-ci sont en conflits, d’où la souffrance psychique et la difficulté à attribuer du sens à l’existence.

 Ce qui est particulier à cette théorie et qui distingue la psychosynthèse de la psychanalyse, des thérapies humanistes, de la gestalt, des thérapies comportementalistes et transpersonnelles, c’est qu’en reprenant le meilleur de chacune elle rassemble ces éléments autour d’un centre interne ,le Je

1.      L’inconscient inférieur

2.      L’inconscient moyen

3.      L’inconscient supérieur ou supra conscient

4.      L e champ de la conscience

5.      Le moi conscient

6.      Le Soi spirituel

7.      Inconscient collectif

Sa théorie est principalement rassemblée dans le diagramme de l’œuf. Partant de l’inconscient inférieur jusqu’au Soi, le cheminement de l’homme vers sa libération, vers l’ouverture, est guidé par des théories et des protocoles adaptés à chaque individu et à ses besoins propres.

Rétablir le passage du courant psychique source de renouvellement de l’âme qui a perdu son sens et qui souffre, tel est l’objectif de l’exploration de soi.

Ce qui caractérise la psychosynthèse et qui lui donne son caractère éminemment humain c’est la formulation d’Assagioli concernant la situation de l’être humain souffrant et désireux d’aller vers la lumière qu’il sent au fond de lui-même. Il en est empêché, séparé, enfermé dans ses « mécanismes de survie ». De ce point de vue la personne n’est pas seulement en situation d’avoir à se protéger de l’autre, du monde mais dans celle de survivre, de vivre en dépit de toutes les souffrances, d’en avoir eu ce courage, ce désir malgré tout.

Dès lors, le ton est donné, dignement la personne peut commencer à travailler à sa libération avec la désidentification. La personne en demande d’aide va réaliser avec l’aide du thérapeute qu’elle n’est pas seulement sa souffrance, elle est un corps mais n’est pas seulement son corps, elle a des émotions mais n’est pas seulement ses émotions, un mental mais n’est pas seulement ses pensées. L’espace ainsi créé libère l’énergie afin que se substitue à la souffrance aveugle une règle interne, un centre appelé Soi situé au delà du moi dont il relativise le fonctionnement.

C’est le processus d’individuation. Il conduit au retrait des projections, soustrait la personne au pouvoir de fascination du monde extérieur, il est la porte ouverte vers un inconnu dont la personne ne peut rien imaginer.

La personne identifiée à ses mécanismes de survie les prend pour elle-même et croit qu’ils sont son identité.

La personne n’a rien d’autre que ses croyances pour exister. Elle s’endort avec elles et les retrouvent inchangées à son réveil.

L’être humain peut vivre jusqu’à sa mort sans savoir qu’une autre destinée lui était possible.

Pour l’heure cette personne souffre des répétitions qui l’enferment dans les mêmes schémas relationnels, avec elle-même, avec les autres, avec le monde sans savoir comment s’en libérer. Toute son énergie est mobilisée pour maintenir le système en place.

C’est la relation à l’autre qui construit la personnalité.

L’enfant nait dans le Soi puis il en est séparé par la construction vitale de ses mécanismes de survie. La vie adulte devient la répétition des mécanismes de survie auxquels il croit et qui l’identifie à ses propres yeux ainsi qu’à ceux des autres. Cet attachement coupe l’individu du Soi mais avant tout de lui-même, des autres et de son propre corps.

L’humanisation est le processus qui mène la personne de l’identification à la libération de ses mécanismes de survie.

Désidentifié et solidement ancré dans la sensation de son corps, sensible à son imaginaire il lui devient possible de s’ouvrir au monde réel d’y choisir la place qui lui correspond.

Alors même que le désir de changer est désespérément fort, enfermée dans les répétitions, attachée à ces mécanismes qui sont la seule identité qu’elle connaisse, la personne est confrontée à une multitude de résistances chacune correspondant aux différents aspects de sa personnalité qu’elle ne connaît pas et qu’elle va découvrir.

La première résistance à vaincre est celle d’accepter le besoin d’aide.

Le fil de l’écheveau saisi, le travail commence. Il consiste à se remettre au monde.

Vont se révéler toutes les peurs : celle de l’affirmation de soi puisque c’est affirmer sa différence, son unicité, donc sa solitude. De plus, impossible de s’accrocher à un modèle, Le moi à découvrir est unique, c’est l’inconnu auquel il va falloir faire confiance.

D’autres résistances, encore vont se lever desquelles la personne devra se désidentifier pour en retrouver d’autres encore. Le chemin est long, certes, mais la connaissance des mécanismes qui l’emprisonnent libère la personne et progressivement,

elle découvre qu’en elle se trouve toutes les qualités lui permettant d’aimer et d’être aimé, l’estime de soi pour affirmer ses désirs et ses capacités, ainsi que la force pour les mettre en œuvre.

La psychosynthèse propose de nombreux protocoles, adaptés aux besoins de la personne et qui la guideront vers cet objectif.

La désidentification, clef de voûte du travail en psychosynthèse, des conditionnements, des fausses croyances dont la personne est prisonnière: la parole évidemment, le rêve éveillé, l’imagination positive, la relaxation, les jeux de rôle, ateliers de groupe etc. Et la relation transférentielle avec le thérapeute.

Françoise Dolto dit que « le thérapeute c’est quelqu’un qui prête ses oreilles à l’autre pour qu’il s’entende »,

André Breton : « Cette personne est venue me voir pour me donner de mes nouvelles »,

Balint : « Je ne peux espérer aider l’autre à changer que si je peux accepter d’être changé par lui ».

Alberto Alberti élève d’Assagioli le formule ainsi : c’est la résonnance qui fait l’écoute et par conséquent l’écoutant, c’est l’utilisation consciente de sa propre blessure.

Il est bien là question d’empathie.

Quelles sont les conditions intérieures qui ouvrent à l’empathie ?

La première, celle qui conditionne toutes les autres est une présence à soi-même, présence à soi-même en dehors de laquelle le thérapeute est dans l’imaginaire, mais comment la reconnaître en soi ?

La pratique de la méditation lui a permis de reconnaître, dans son propre fonctionnement, le pouvoir de la mentalisation. En présence du client le thérapeute est constamment vigilant à garder son attention sur ses sensations corporelles. C’est de la qualité de l’attention portée à son corps que va dépendre la qualité de son écoute. A son corps, siège de ses émotions, de ses pensées et du sentiment d’être lui-même. D’être lui-même différent du client qu’il accueille, à l’écoute de la présence corporelle et émotionnelle de son client et simultanément à l’écoute de leurs résonnances en lui-même.

Reconnaissant en lui-même l’écho des affects de son client le thérapeute est dans l’empathie, celle qui reconnaît l’autre sans le juger dans l’acceptation de leur commune humanité.

Cette écoute éveille chez le client le sentiment d’être aimé, reconnu, accepté, qu’il va reconnaître comme un manque en lui et qu’il pourra travailler dans le transfert.

Le transfert, selon Freud, est le déplacement d’une conduite émotionnelle infantile vers un autre objet c’est à dire toute personne investie par la personne à cette place. Jung décrit le transfert non pas comme un phénomène pathologique à réduire par l’analyse mais comme un phénomène naturel dans la relation entre deux êtres humains qui résulte du déploiement des dynamiques archétypiques entre deux personnes.

Hors cette présence à soi-même, le thérapeute est dans la projection concernant ce que dit et manifeste son client, dans l’identification à ses propres affects et par conséquent il n’est pas dans la relation thérapeutique, celle qui consiste à accepter que la résonnance fait l’écoute.

La souffrance du client, en résonnant avec celle du thérapeute, si celui-ci en est conscient et s’il l’accepte, permet au client de l’accepter en miroir et ainsi d’être déchargé d’une partie de son poids.

Aussi le thérapeute pratiquera l’empathie avec modestie.

En parlant de Roberto Assagioli, Alberto Alberti dit: « Il nous invite à un échange par le regard, sans parole, dans l’assise de son corps tout entier, en distinguant les deux personnes : mon corps rencontre ton corps, mes émotions rencontrent tes émotions, ma pensée rencontre ta pensée, ma volonté rencontre ta volonté, mon âme rencontre ton âme. Je suis là, je suis avec toi, je ne suis pas toi : c’est l’accueil de l’autre dans son être profond d’âme à âme, une relation d’amour qui nécessite un Toi et un Moi sans confusion ».

Tan Nguyen : Pas d’âme sans corps et pas de corps sans âme.

La sensorialité permet à la personne de se ressentir dans l’ici et maintenant,

Le corps sensoriel n’existe pas si la personne n’est pas dans une présence attentive ;

Nous ouvrir au Soi c’est notre responsabilité individuelle en faisant le choix de ne pas s’identifier.

Sentir le choix à chaque instant, être sensible à ce qui émane, être vigilant à faire la différence entre projection et interrelation.

« Etre cette présence avec toute la force qu’un humain planté dans son axe peut apporter à un autre être humain » (Xavier Feintrenie dans l’accompagnement d’une mère).

Ainsi, la psychosynthèse accompagne la personne dans son cheminement de libération de ses mécanismes de défense qu’elle a construit pour permettre au moi de se construire avec le moins de souffrance possible et qui sont devenus sa prison. Libération vers des parties d’elle même qui lui feront découvrir qu’en elle se trouve toutes les qualités lui permettant d’aimer et d’être aimé,

l’estime de soi pour affirmer ses désirs et ses capacités, ainsi que la force pour

les mettre en œuvre.

Liens externes de référence pour le visiteur du site

http://www.psychosynthese.fr l'Institut Français de Psychosynthèse

http://www.psychosynthese.com Centre Source

http://www.sfpt-psychosynthese.com la Société Française de Psychosynthèse Thérapeutique